Nouveau (bref) « shutdown » aux États-Unis, un accord budgétaire finalement trouvé

Nouveau (bref) « shutdown » aux États-Unis, un accord budgétaire finalement trouvé

Trois semaines à peine après une première paralysie qui avait duré trois jours.

Kevin Lamarque / Reuters
Nouveau (bref) « shutdown » aux États-Unis, un accord budgétaire finalement trouvé

ÉTATS-UNIS – Le gouvernement américain a fait face à une paralysie de l’État fédéral ce vendredi 9 février pendant quelques heures, pour la seconde fois en trois semaines, avant que le Congrès ne trouve finalement un accord sur un vote budgétaire crucial.

La proposition a d’abord été bloquée dans la soirée de jeudi par le sénateur libertarien Rand Paul, qui a choisi de retarder le vote en s’exprimant longuement contre l’accord qui abroge jusqu’en 2019 le principe d’un plafond de la dette américaine. Résultat, la Chambre haute du Congrès a décidé de suspendre la séance et de la reprendre à 00h01 ce vendredi, entraînant de ce fait un « shutdown« .

La proposition, qui permet un financement de l’État jusqu’en 2019, a finalement été approuvée par le Sénat vers 2 heures (8 heures à Paris), avant de passer devant la Chambre des représentants, où l’opposition à ce compromis était la plus importante.

La Chambre des représentants a adopté la loi et mis fin au « shutdown » fédéral peu avant 6 heures (midi à Paris). Le « shutdown », une fermeture partielle des administrations fédérales, n’est donc techniquement entré en vigueur que six heures, avant la mise en congé forcée de centaines de milliers de fonctionnaires. L’administration Trump avait vécu sa première paralysie le 20 janvier, déjà faute d’accord sur le budget. Elle avait duré trois jours.

Armée et classe moyenne

Le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, et son homologue démocrate, Chuck Schumer, avaient pourtant trouvé mercredi un terrain d’entente sur les montants des budgets 2018 et 2019, permettant au gouvernement de planifier à long terme ses dépenses et investissements.

L’accord offre à Donald Trump la possibilité de tenir une des promesses de campagne, le gonflement du budget militaire, en augmentant le plafond de la dette jusqu’en mars 2019. L’accord est « trop important pour notre grande armée », a affirmé Donald Trump sur Twitter. « Républicains et démocrates doivent soutenir nos soldats et soutenir cette loi! »

The Budget Agreement today is so important for our great Military. It ends the dangerous sequester and gives Secretary Mattis what he needs to keep America Great. Republicans and Democrats must support our troops and support this Bill!

« L’accord d’aujourd’hui sur le budget est tellement important pour notre grande armée. Il met fin à son isolement dangereux et donne au secrétaire à la défense Mattis ce dont il a besoin pour conserver la grandeur de l’Amérique. Républicains et démocrates doivent soutenir nos soldats et soutenir cette loi! »

L’opposition démocrate a de son côté obtenu une augmentation comparable pour les portefeuilles non-militaires comme la lutte contre les opiacés, la couverture maladie des enfants pauvres, les investissements dans les infrastructures, ou une aide de 90 milliards de dollars pour les États ravagés par les ouragans et incendies en 2017.

Au total, la hausse pourrait atteindre 300 milliards de dollars par an, de source sénatoriale. « Ce budget fait les deux, financer notre armée et la classe moyenne (qui a) depuis des décennies souffert d’une austérité inutile que le Congrès s’est lui-même imposée », a affirmé Chuck Schumer devant les sénateurs.

Le Congrès, contrôlé par les Républicains, voulait ainsi voter six semaines de crédits, jusqu’au 23 mars, afin de donner du temps aux élus pour transcrire l’accord budgétaire en proposition de loi.

« Immédiat » ou « long terme »?

Mais certains parlementaires ont grincé des dents. Des républicains estimaient que le texte allait considérablement augmenter la dette du pays, alors qu’une loi sur une baisse massive des impôts a été votée en décembre. « Je n’ai pas encore décidé », a affirmé le représentant de la droite radicale Ted Yoho sur CNN. « Est-ce qu’on s’occupe de l’immédiat ou est-ce qu’on regarde à long terme? », s’est-il interrogé.

Les démocrates grondaient car il ne mentionne pas la régularisation à terme des centaines de milliers de clandestins appelés « Dreamers » (rêveurs). L’opposition veut lier le sort de ces jeunes entrés illégalement dans le pays alors qu’ils étaient enfants à un accord budgétaire, ce qui avait déjà mené au « shutdown » il y a trois semaines.

Les « Dreamers » étaient protégés de toute expulsion par le programme Daca, créé en 2012 par l’ancien président Barack Obama. Donald Trump a abrogé le décret de son prédécesseur et a donné au Congrès jusqu’au 5 mars pour trouver une issue législative.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s