Etoiles scientifiques

Critique

Etoiles scientifiques

2 juin 2017 à 17:06

On n’achète pas ce genre de livres par hasard. Au détour d’un Gibert, dernier étage, allée sciences et techniques, entre un Tesla, un Planck ou un «3 min pour comprendre… », le regard est attiré, et le cœur s’excite. On évolue dans le culte du Vrai, de l’esprit transcendant le genre, les époques et leurs paradigmes mais… le cœur parle, et la main saisit le livre.

Derrière soi quelques années d’études, en tête la silhouette frêle d’une dame illustre, les marches du Panthéon. Et la certitude qu’il existe bien de ces femmes qui explosent littéralement les cadres, sans grand fracas non, mais par la simple histoire d’une vie. Hélène Merle-Béral nous offre donc quelques-uns de ces portraits : Marie Curie bien sûr, le double Nobel, la première, la cristallisée. Celui de sa fille, Irène Joliot-Curie, la communiste, Prix Nobel de chimie en 1935, pour la mise en évidence de la radioactivité artificielle. Et puis d’autres, moins connues : Maria Goeppert-Mayer, l’extravertie, deuxième et dernier prix Nobel de physique féminin en 1963, pour ses découvertes sur la structure en couche du noyau atomique.

Rita Levi-Montalcini, l’Italienne, la militante, Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1986 pour la mise en évidence du Nerve Growth Factor (NGF), capable de stimuler la formation des neurones, bouleversant ainsi la conception préétablie quant à la fixité et l’immuabilité de la structure du système nerveux. Gertrude Elion et les purines, Françoise Barré-Sinoussi et le virus du sida, Elizabeth Blackburn et les télomères, ces «petits capuchons» en fin de chromosomes, aujourd’hui à l’épicentre de la recherche sur le vieillissement cellulaire ou la dégénérescence génomique.

La tentation est grande, dans ce jeu de liste, de leur coller à chacune un adjectif, monnayant ainsi, à l’instar d’un Marvel ou d’un énième film de braqueurs, une sorte d’équipe «femmes exceptionnelles», chacune ayant ce petit truc en plus qui fait que ça groove presque d’être scientifique… Mais prenez garde. A ceux et celles en mal de modèles : vous n’y trouverez ni madones, ni statues éthérées. Ni héroïnes, ni tragédiennes antiques. Bibliothèques, laboratoires, éducation stricte. Que des yeux bien ouverts, et des fronts d’entêtées.

Par ingrid diagne étudiante en médecine Hélène Merle-Béral 17 femmes prix Nobel de sciences Odile Jacob, 348 pp., 22,90 €.

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