Attaque chimique en Syrie : Moscou s’oppose à une résolution dénonçant le régime de Damas

Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité a lieu mercredi. Un projet de texte présenté par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis condamne l’attaque, qui a fait au moins 100 morts à Khan Cheikhoun.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 05.04.2017 à 03h31 • Mis à jour le 05.04.2017 à 21h13

imageUne photo, prise mardi 4 avril, montre les dégats subis par l’hôpital de Khan Cheikhoun à la suite d’un bombardement.
Une photo, prise mardi 4 avril, montre les dégats subis par l’hôpital de Khan Cheikhoun à la suite d’un bombardement. OMAR HAJ KADOUR / AFP

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté, mardi 4 avril, un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies. Le texte condamne l’attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun, en Syrie, et appelle à une enquête complète et rapide. Le Conseil de sécurité a annoncé qu’il se réunirait en urgence mercredi à 16 heures, heure de Paris, pour voter ce texte.

Le texte de la résolution discuté à l’ONU appelle l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à présenter rapidement ses conclusions sur l’attaque. Il est également demandé à la Syrie de fournir les plans de vol et toute information sur des opérations militaires au moment de l’attaque.

« Nous ne pensons pas qu’il soit opportun d’adopter une résolution sur l’attaque aux armes chimiques dans la forme actuelle », a prévenu Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères russe. Le projet de résolution se fonde sur une information « erronée », a poursuivi la porte-parole citée, par l’agence RIA, ajoutant que le texte ne pourrait qu’accentuer les tensions dans la région.

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  • Le bilan d’une attaque probable au gaz sarin

Mercredi, le bilan s’élevait à 87 morts « identifiés par leur nom et prénom », parmi lesquels on dénombre 23 enfants. A cela s’ajoutent 557 blessés dont 54 ont été évacués vers la Turquie, selon les autorités de santé locales.

Dans un communiqué, l’ONG Médecins sans frontières, qui gère quatre structures dans le nord de la Syrie, affrime qu’une de ses équipes dépêchées en soutien aux urgences de l’hôpital de Bab Al-Hawa, dans la province d’Idlib, a « décrit des symptômes concordants avec une exposition à un agent neurotoxique de type gaz sarin ».

Parmi les victimes du bombardement, « MSF a constaté chez huit patients des symptômes pupilles rétractées, spasmes musculaires et défécation involontaire caractéristiques d’une exposition à des agents neurotoxiques, tels que le gaz sarin », lit-on dans le communiqué. La même équipe « a pu accéder à d’autres hôpitaux prenant en charge les victimes et a constaté qu’elles dégageaient une forte odeur de chlore, suggérant qu’elles avaient été exposées à cet agent toxique », ajoute MSF.

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  • Les diplomates accusent

Mercredi, la diplomatie britannique a accusé le régime de Bachar Al-Assad d’être à l’origine de cette attaque. « Toutes les preuves que j’ai vues suggèrent que c’était le régime d’Assad (…) utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause sur son propre peuple », a déclaré le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a dénoncé mercredi un attaque « horrible, épouvantable. » Interrogé sur un éventuel changement de politique sur le dossier syrien, il a simplement répondu : « Nous verrons. »

« Ces événements horribles montrent malheureusement que des crimes de guerre continuent [d’être commis] en Syrie et que le droit humanitaire international est violé fréquemment », a de son côté réagi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Condamnant une « horrible attaque », le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, souhaite que « les responsables rendent des comptes. » « Le régime syrien est le principal responsable [de l’attaque], mais tous ceux qui le soutiennent partagent une responsabilité politique et morale », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. Le chef de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a qualifié l’attaque de « crime majeur ».

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  • De précédentes accusations contre Damas

Selon le texte de la résolution discuté à l’ONU, Damas devrait également donner les noms de tous les commandants d’escadron d’hélicoptères et ouvrir aux enquêteurs les bases militaires d’où aurait pu être lancée l’attaque. Enfin, le texte menace d’imposer des sanctions en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations unies.

Moscou et Pékin avaient mis leur veto en février à une résolution du Conseil de sécurité qui aurait imposé des sanctions à Damas, déjà accusée d’avoir perpétré une attaque à l’arme chimique sur des villages syriens en 2014 et 2015.

  • Des hôpitaux bombardés

« Nous avons porté assistance à plus de 200 personnes en situation de détresse respiratoire à des degrés divers. Il faut dans ces cas-là intervenir le plus rapidement possible ; ce qui a été compliqué à cause de la panique dans les rues, et décontaminer les victimes avec de l’eau, les ventiler, nettoyer les vêtements… Malheureusement, les premiers secours n’étaient pas assez équipés », a précisé au Monde Radi Saad, un membre de la défense civile. La première équipe appelée sur place après le raid ignorait en effet qu’il s’agissait d’une attaque chimique. Les secouristes comptent dans leurs propres rangs deux blessés, dont un grave, du fait de leur exposition au gaz.

Plus tard dans la matinée, le centre local de la défense civile, qui servait de morgue improvisée, a été complètement détruit par une frappe aérienne, obligeant à dégager à nouveau des décombres les corps des victimes de la première frappe. L’hôpital Al-Rahma de Khan Cheikhoun, le seul en fonction dans cette ville, a également été visé, un missile s’abattant à une vingtaine de mètres de l’édifice. L’équipe médicale a décidé d’évacuer les blessés vers d’autres villes.

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