Le régime syrien accusé d’avoir perpétré une attaque au gaz toxique

Plus d’une cinquantaine de personnes ont été tuées à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest du pays tenue par les rebelles, selon les casques blancs.

Le Monde.fr avec AFP | 04.04.2017 à 11h41 • Mis à jour le 04.04.2017 à 15h11

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Un homme est pris en charge par des secouristes à Khan Cheikhoun, un village près d’Idlib, une ville du nord-ouest de la Syrie tenue par les rebelles, le 4 mars. Plusieurs vidéos, tournées par des secouristes ou des activistes locaux, attestent de l’attaque.

Plus d’une cinquantaine de personnes, dont des enfants, ont été tuées mardi 4 avril dans une frappe aérienne qui a émis du « gaz toxique » à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest de la Syrie tenue par les rebelles, a fait savoir au Monde la défense civile syrienne, les casques blancs.

Les auteurs du raid aérien, qui a eu lieu vers sept heures mardi matin, n’ont pas encore été identifiés, mais une composante de l’opposition a d’ores et déjà accusé le régime de Damas. Une vidéo tournée par des activistes montre un seul appareil qui a survolé la ville et largué plusieurs projectiles avant que des colonnes de fumées s’élèvent.

« Nous avons porté assistance à plus de 200 personnes en situation de détresse respiratoire à des degrés divers. Il faut dans ces cas intervenir le plus rapidement possible, ce qui a été compliqué à cause de la panique dans les rues, et décontaminer les victimes avec de l’eau, les ventiler, nettoyer les vêtements… Malheureusement, les premiers secours n’étaient pas assez équipés », a précisé Radi Saad, un membre de la défense civile. Les secouristes comptent dans leurs propres rangs deux blessés, dont un grave, du fait de leur exposition au gaz.

Plus tard dans la matinée, l’hôpital où de nombreux blessés étaient traités a été bombardé, provoquant des destructions importantes dans l’établissement, a constaté le correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) sur place, sans pouvoir déterminer immédiatement s’il y avait des victimes. Le principal hôpital de la région, celui de Maarat Al-Noaman, situé à une vingtaine de kilomètres de Khan Cheikhoun, avait été bombardé dimanche et mis hors de service, selon les casques blancs.

Appel à une réunion du Conseil de sécurité

Des vidéos publiées sur le réseau social Twitter montrent des enfants morts ou inconscients ou encore plusieurs hommes inconscients, dont les pupilles ne réagissent pas à la lumière, et qui sont présentés par un médecin anglophone présent sur place comme des victimes d’une attaque au gaz sarin.

La France a appelé mardi à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, à la suite de cette « nouvelle attaque chimique particulièrement grave », a déclaré le ministre des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault. « L’utilisation d’armes chimiques constitue une violation inacceptable de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC) et un nouveau témoignage de la barbarie dont le peuple syrien est victime depuis tant d’années », a ajouté le chef de la diplomatie française.

Pour la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, le régime de Damas porte la « principale responsabilité » de l’attaque « chimique », a-t-elle déclaré en marge d’une conférence internationale à Bruxelles sur la reconstruction de la Syrie.

Plus tôt dans la matinée, la Coalition nationale syrienne, importante composante de l’opposition, avait annoncé dans un communiqué réclamer au Conseil de sécurité de « convoquer une réunion urgente après ce crime et d’ouvrir une enquête immédiate ». L’opposition a accusé le « régime du criminel Bachar » d’avoir mené des raids sur la ville de Khan Cheikhoun avec des « obus contenant du gaz chimique ».

Le gouvernement syrien, accusé par plusieurs témoins et rapports d’enquête de l’ONU, a toujours démenti toute utilisation des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320 000 morts depuis mars 2011. Il a ratifié la Convention sur l’interdiction des armes chimiques en 2013.

« Les avions de l’armée de l’air russe n’ont mené aucune frappe dans la zone de la localité de Khan Cheikhoun », assure le ministère de la défense russe dans un communiqué.

Lire aussi :   Moscou conteste les conclusions du rapport de l’ONU sur l’usage d’armes chimiques en Syrie

Résolution 2118 de l’ONU

La résolution 2118 de septembre 2013 a obligé la Syrie à démanteler tout son arsenal chimique, sous la supervision d’une mission conjointe de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). L’essentiel de l’armement chimique déclaré par Damas a été évacué du pays pour être détruit, soit 1 300 tonnes de produits toxiques, à la suite d’un accord russo-américain.

Cet accord avait permis d’éviter une intervention militaire américaine après que Damas eut été accusé d’avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque ayant fait 1 400 morts.

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