Enquête préliminaire ouverte pour des soupçons d’emplois fictifs au sein du FN dans le Nord


Les enquêteurs soupçonnent le FN d’avoir rémunéré avec des fonds publics des collaborateurs travaillant sur l’élection présidentielle de 2012.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 04.04.2017 à 18h15 • Mis à jour le 04.04.2017 à 20h35

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La justice s’intéresse notamment au cas de David Rachline, qui a été rémunéré par le conseil régional de Nord-Pas-de-Calais, alors qu’il siégeait à la fois au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et au conseil municipal de Fréjus.

Le parquet de Lille a ouvert une enquête préliminaire portant sur des soupçons d’emplois fictifs au sein du groupe Front national au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais entre 2010 et 2015, indique une source judiciaire. Marine Le Pen était alors la présidente de ce groupe.

Selon Le Canard enchaîné, qui révèle l’information, les enquêteurs soupçonnent le FN d’avoir rémunéré avec des fonds publics, entre 2010 et 2015, des collaborateurs qui auraient pu en réalité travailler au service du parti, notamment pour préparer l’élection présidentielle de 2012.

Toujours selon l’hebdomadaire, la justice s’intéresse notamment au cas de David Rachline, aujourd’hui directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, qui a été un temps rémunéré par le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. A la même époque, M. Rachline siégeait à la fois au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et au conseil municipal de Fréjus (Var), à l’autre bout de la France.

L’enquête doit également déterminer si Marine Le Pen a mis des moyens matériels normalement alloués au travail des élus régionaux, comme l’usage de photocopieuses, au service de la campagne de 2012, selon Le Canard enchaîné.

David Rachline a réagi à l’antenne de BFM-TV : « Peut-être que le pouvoir, le système, a trouvé le moyen de mettre sur écoute le directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. On essaye d’impliquer l’entourage de Marine, c’est évidemment signé, on sait d’où ça vient, plus c’est gros plus ça passe. (…) Cela fait au moins dix ans que je travaille avec Marine, tout cela n’est pas sérieux. »

Le FN nie la fraude

Les magistrats parisiens, saisis d’une information judiciaire, enquêtent parallèlement sur des soupçons similaires au Parlement européen. Dans ce dossier distinct, les juges d’instruction s’interrogent sur la nature des activités de plusieurs assistants d’eurodéputés, qu’ils soupçonnent d’avoir travaillé indûment pour le FN.

Deux assistants parlementaires frontistes, dont la chef de cabinet de Marine Le Pen, ont été mis en examen dans le cadre de cette enquête et Marine Le Pen elle-même a été convoquée – mais elle refuse de répondre aux juges, comme son immunité parlementaire le lui permet, le temps de la campagne en cours. Les dirigeants du parti, qui nient toute fraude, estiment être la cible d’une justice instrumentalisée.

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