Donald Trump passe à l’offensive contre les frondeurs du Congrès

Le président américain a déclaré la guerre à l’aile droitière de la majorité conservatrice du Congrès, la menaçant notamment de représailles.

LE MONDE | 31.03.2017 à 06h50 | Par Gilles Paris (Washington, correspondant)

Donald Trump, lors de son discours au Congrès le 28 février.

Une semaine après l’abandon en rase campagne de la réforme de santé promise depuis sept ans par le Parti républicain, le président Donald Trump est en quête d’une majorité stable au Congrès. Le Grand Old Party contrôle pourtant le Sénat comme la Chambre des représentants, mais il est handicapé par de profondes divisions.

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M. Trump est ainsi entré en guerre jeudi 30 mars contre l’aile droitière de la majorité conservatrice du Congrès. Dans un premier message sur son compte Twitter, M. Trump s’est montré menaçant : « le Freedom Caucus [le nom que se donne ce groupe d’une petite trentaine d’élus de la Chambre des représentants] va menacer la totalité du programme républicain s’il ne rejoint pas l’équipe, et vite. Nous devrons le combattre, comme les démocrates, en 2018 ».

Il s’est ensuite félicité, dans l’après-midi, toujours sur le même canal, de la publication dans la presse d’une tribune conciliante signée par l’un de ces élus, Ken Buck (Colorado). Cette dernière était en faveur d’un réexamen du projet de loi considéré par les frondeurs comme trop proche de celui mis en place par Barack Obama. M. Trump a également interpellé nommément les responsables du Freedom Caucus, dont le représentant de Caroline du Nord, Mark Meadows.

Pendant les brèves négociations sur cette réforme de santé, M. Trump avait déjà agité des menaces voilées à l’encontre d’élus récalcitrants. Sans succès. Accéder à leurs demandes aurait été impossible, des élus plus modérés risquant de se détourner d’un projet jugé déjà inacceptable par une partie des républicains du Congrès. Une poignée de radicaux s’était laissée fléchir. Un nombre cependant insuffisant pour atteindre le nombre de voix nécessaires à la Chambre.

La possibilité d’une coopération avec les élus démocrates

Les représailles évoquées jeudi pourraient se traduire par des candidatures concurrentes soutenues par la Maison Blanche lors des primaires qui vont précéder en 2018 les élections de mi-mandat, prévues en novembre. L’un de ces élus, Justin Amash (Michigan) a aussitôt répliqué par un tweet moqueur en détournant la promesse de M. Trump de « drainer le marigot » de Washington. « Il n’a pas fallu longtemps pour que le marigot draine [M. Trump]. Il n’y a pas de honte, Monsieur le président, presque tout le monde succombe à l’establishment » de la capitale fédérale, a-t-il écrit.

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Après son échec, M. Trump avait esquissé la possibilité d’une coopération avec les élus démocrates pour parvenir à un résultat sur la santé. « Il prendra les voix où il pourra » pour ses projets, a assuré son porte-parole, Sean Spicer, jeudi. Les attaques contre l’aile droite républicaine accréditent cette hypothèse, même si les positions démocrates sont très éloignées de celles du président, qui n’a par ailleurs jamais cherché jusqu’à présent à les associer à cette réforme. Au contraire, tous les éléments d’une bataille opposant frontalement les deux grands partis semblent se mettre en place au Sénat à propos de la confirmation du juge Neil Gorsuch choisi par M. Trump pour siéger à la Cour suprême.

Le chef de la minorité sénatoriale, Chuck Schumer (New York) a en effet promis de faire obstruction à la tenue d’un vote (filibuster). Faute de disposer des 60 voix nécessaires pour passer outre, la majorité sénatoriale menace de modifier les règles qui prévalent pour les nominations à la Cour suprême, en supprimant la possibilité d’une telle obstruction.

La déroute subie sur la santé a entraîné un premier remaniement à la Maison Blanche avec le départ d’une responsable qui va être chargée de mobiliser plus efficacement, à l’extérieur, les soutiens de M. Trump afin de faire pression sur les élus. Le président doit effacer au plus vite son échec, mais les échéances qui se profilent sont complexes. Il doit tout d’abord obtenir un relèvement du plafond de la dette, ce qui a longtemps été considéré comme une hérésie par les conservateurs libertariens et fiscaux, et faire adopter des fonds supplémentaires pour l’Etat fédéral, afin d’éviter un arrêt du gouvernement. M. Trump veut ensuite faire adopter une ambitieuse réforme fiscale. Autant d’objectifs qui placent la présidence à la merci des dissensions républicaines.

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2 commentaires sur “Donald Trump passe à l’offensive contre les frondeurs du Congrès

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  1. Heureusement, il n’a pas le 49.3 😦 Pour le moment le congrès a pu faire obstruction à la folie de cet homme mais combien de temps 😦

  2. Oui,certains républicains ont encore le sens de l’État et de l’intérêt supérieur du pays…pour combien de temps… j’espère que cette minorité va devenir une majorité et quelle va faire réfléchir les américains républicains….Les démocrates aussi restent très actifs et mobilisés: j’espère qu’ils pourront contrôler ce fou!
    Merci pour ton passage,il fait chaud au cœur! comment trouves tu le site? j’ai encore beaucoup de travail..; Passe un bon WE, Gros bisous

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