« Cabinet noir » : vives réactions après les accusations de François Fillon

Les propos du candidat LR à l’élection présidentielle, jeudi 23 mars lors de l’Émission Politique sur France 2, ont suscité des réactions indignées à gauche et même au FN.

 François Fillon prend la pause avant le début de "L’émission politique" sur France 2 le 23 mars 2017.

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François Fillon prend la pause avant le début de « L’émission politique » sur France 2 le 23 mars 2017. / Thomas Samson/AFP

« Je ne veux pas rentrer dans le débat électoral, je ne suis pas candidat, mais il y a une dignité, une responsabilité à respecter. Je pense que M. Fillon est au-delà maintenant, ou en deçà », a déclaré François Hollande, vendredi 24 mars, au micro de France Info.

Interrogé sur le supposé « cabinet noir » évoqué jeudi soir par François Fillon lors de l’Émission politique de France 2, François Hollande a répondu : « Écoutez, il y a un cabinet heureusement, qui travaille, mais nous n’avons pas à nous mêler des affaires. Et vous savez ma position, ça a toujours été l’indépendance de la justice, le respect de la présomption d’innocence et ne jamais interférer. Je crois que c’est très différent de mes prédécesseurs. »

À lire :« Cabinet noir », ce qui se cache derrière les accusations de François Fillon

« Tout est clair ici, et ce qui n’est pas clair, c’est ce que François Fillon doit justifier auprès de la justice », a encore déclaré François Hollande au micro de Jacques Vendroux.

Une instrumentalisation d’un livre

Mis en examen mardi 14 mars notamment pour détournement de fonds publics et recel et complicité d’abus de biens sociaux après des soupçons d’emplois fictifs dans sa famille, François Fillon avait dénoncé jeudi 23 mars au soir un « scandale d’État ». Il avait accusé François Hollande d’organiser à la tête d’un « cabinet noir » les fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires.

Le chef de L’État avait immédiatement « condamné avec la plus grande fermeté les allégations mensongères » de François Fillon, assurant n’avoir été « informé » des affaires concernant l’ancien premier ministre que « par la presse ». Les propos de François Fillon apportent « un trouble insupportable » à la campagne présidentielle, a déclaré le président/« Le seul scandale ne concerne pas l’État, mais une personne qui aura à en répondre devant la justice ».

Le candidat LR a dit s’appuyer pour ses accusations sur un ouvrage écrit par trois journalistes (Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat), dont l’hebdomadaire Valeurs actuelles a publié plusieurs extraits.

Mais l’un des auteurs, Didier Hassoux, a démenti les propos de François Fillon et dénoncé une instrumentalisation de son livre par un homme « aux abois » qui « essaye de faire un coup ».

Michel Sapin dément toute implication de Tracfin

Le ministre des finances, Michel Sapin, a démenti une utilisation politique des informations du service de renseignement financier Tracfin, chargé de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

À lire : François Fillon dénonce « un scandale d’État »

« Jamais Tracfin ne communique ni à Christian Eckert (secrétaire d’État au budget, NDLR) ni à moi-même, ni à toute autre autorité publique des informations sur la situation des personnes », a-t-il martelé. Il a invité sans le nommer François Fillon à « respecter les organismes qui sont au service de L’État ».

Selon le ministre, le service de renseignement financier « ne s’intéresse pas à ce type de sujet » et « travaille uniquement sur des déclarations de soupçon ». « Jamais Tracfin ne nous a communiqué une information sur le contenu d’un contrat entre telle ou telle personne, ou sur le prix d’un achat, même payé par quelqu’un d’autre que son destinataire », a-t-il détaillé, en référence aux accusations sur les costumes de luxe de François Fillon, offerts par l’avocat Robert Bourgi, et sur sa société 2F conseil.

Un « ras-le-bol des affaires »

Le candidat socialiste Benoît Hamon, qui a confié ne pas avoir regardé l’émission, a également par estimé qu’« il est bon que François Fillon découvre ce qu’est la justice ordinaire ». « Il n’est pas victime de quoi que ce soit. Il est aujourd’hui l’objet de procédures et de procédures qui sont normales dans un État de droit », a-t-il affirmé.

Pour le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, qui soutient désormais Emmanuel Macron, c’est une « manœuvre désespérée » du candidat LR. « Je ne le reconnais plus, son comportement me trouble alors qu’il faut que la droite républicaine, qui est une force importante de la démocratie française, soit présente dans le débat et sur les vrais enjeux du débat », a-t-il déclaré.

Au FN, dont la candidate Marine Le Pen est aussi mise ne cause dans une affaire d’emplois supposé fictifs au Parlement européen, on ne se prive pas de condamner les propos de François Fillon. « Marine Le Pen a eu une attitude respectueuse des institutions, de la séparation des pouvoirs, en disant qu’il n’y a pas à avoir des juges et des policiers qui font une irruption dans la campagne avec un spectacle médiatique incessant visant à priver les Français d’un débat fondamental », a déclaré le secrétaire général du parti, Nicolas Bay, vendredi sur Radio Classique.

Danielle Simonnet, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a, elle aussi, exprimé sa lassitude face aux affaires.« Ras-le-bol de ces affaires qui polluent complètement le débat de l’élection présidentielle et qui montrent à quel point notre monarchie présidentielle est pourrie par ces logiques affairistes et de corruption ».

« Je pense que c’est une combine, une méthode » de François Fillon, a, pour sa part, estimé Cécile Duflot, ex-ministre EELV. « François Fillon est dans une nasse, où effectivement, semaine après semaine, on révèle qu’il est le contraire de ce qu’il avait fait croire, c’est-à-dire un homme honnête, engagé pour l’intérêt général. Comme il est coincé, il invente, un peu façon Trump ou façon d’autres, une énormité encore plus grosse ».

« C’est la fameuse formule de Pasqua, a-t-elle poursuivi, vous êtes pris dans une affaire, inventez une affaire dans l’affaire. À la fin les gens seront perdus, n’y comprendront plus rien. (…) C’est plus que de la diversion, c’est de la manipulation. »

Retrouvez notre dossier François Fillon

La Croix (avec AFP)
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