Grasse : le lycéen arrêté s’est procuré les armes chez ses parents et son grand-père

Le frère d’un ami proche du suspect a par ailleurs été interpellé et placé en garde à vue, a fait savoir, vendredi, une source proche du dossier.

Le Monde.fr avec AFP | 17.03.2017 à 11h26 • Mis à jour le 17.03.2017 à 11h46

Des élèves à proximité du lycée Tocqueville après la fusillade, le 16 mars à Grasse.

L’adolescent qui a ouvert le feu, jeudi, dans le lycée Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes) s’est procuré les armes, notamment un fusil et un revolver, « chez ses parents et son grand-père », a appris, vendredi 17 mars, d’une source proche du dossier l’Agence France-Presse (AFP).

Les policiers chargés de l’enquête sur la fusillade ont également interpellé et placé en garde à vue le frère d’un ami proche du suspect, selon cette même source. « On est en train de vérifier les emplois du temps », non seulement du suspect, mais aussi de l’individu placé en garde à vue, a-t-elle précisé. L’ami en question était, lui, toujours recherché vendredi.

Cette interpellation est la deuxième après celle du suspect, Killian B., un lycéen de 16 ans qui s’est rendu sans opposer de résistance jeudi, et a « commencé à parler » en garde à vue, a expliqué à l’AFP la même source, qui confirme une information de la chaîne BFM-TV.

Trois adolescents et le proviseur du lycée, blessés par les tirs d’un fusil à plombs lors de l’attaque, étaient toujours hospitalisés vendredi matin, a par ailleurs fait savoir Frédéric Limouzy, directeur de l’établissement où les victimes sont soignées.

En tout état de cause, « le proviseur et l’un des trois adolescents ne sortiront pas aujourd’hui », leur état nécessitant encore une surveillance médicale hospitalière, a expliqué M. Limouzy. L’opération jeudi du proviseur « s’est bien passée », mais il souffre encore du « contrecoup psychologique », a-t-il ajouté.

« Il avait bien un but »

La ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a rapporté, vendredi, les témoignages de certains professeurs. « Ce que je peux vous dire, des éléments recueillis hier auprès des enseignants et des élèves, c’est que la surprise a été totale, vraiment », a-t-elle dit en marge du lancement de la semaine de la presse et des médias à l’école.

« Je cite ce que me disait un de ses enseignants, c’était un élève qui ne payait pas de mine, dont on n’aurait jamais imaginé un seul instant qu’il puisse être, comme on l’a découvert par la suite, fasciné par les armes de guerre, etc.  »

« Ce qui ressortait des témoignages aussi, c’est que lorsqu’il s’est introduit dans cet établissement et au vu de l’échange qu’il a eu avec le proviseur qui a essayé de le freiner, il cherchait un ou des élèves en particulier », a-t-elle ajouté.

Le lycéen de 16 ans « aurait poussé la porte d’une salle de classe, imaginant que l’élève ou les élèves qu’il cherchait étaient dans celle-ci », a raconté la ministre. « Constatant qu’il s’était trompé, il l’a refermée aussitôt. Donc ce n’était pas aveugle, sa démarche, il avait bien un but. »

Le recteur de l’académie de Nice, Emmanuel Ethis, a pour sa part expliqué sur Twitter qu’« une cellule d’écoute et de soutien » avait été mise en place pour les élèves et le personnel du lycée Toqueville. Les cours ne sont pas assurés.

Accueil assuré aujourd’hui pour les élèves & personnels au lycée Tocqueville avec cellule d’écoute & de soutien (cours non assurés)

Fasciné par les tueries de masse

Peu avant 13 heures, jeudi 16 mars, un élève est entré dans le lycée Tocqueville, armé d’un fusil à pompe, d’armes de poing et d’une grenade d’exercice. Le suspect, Killian B., un lycéen de 16 ans, a été interpellé et placé en garde à vue pour « tentatives d’assassinats ». L’enquête devra établir qui étaient ses cibles, l’origine des armes et d’éventuelles complicités.

Lire aussi :   Des tensions relationnelles, possible mobile du suspect de la fusillade de Grasse

En fin de journée, la procureure de Grasse, Fabienne Atzori, a livré quelques détails sur le déroulement des faits. « Aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste », a d’emblée précisé la magistrate : « Les motivations de l’élève paraissent liées aux mauvaises relations qu’il entretenait avec certains camarades. Il semblait présenter des difficultés à s’intégrer. »

Les premières informations sur sa personnalité ont vite éteint l’hypothèse d’un attentat djihadiste. Le portrait que semble dessiner l’activité du principal suspect sur les réseaux sociaux est celle d’un jeune homme fasciné par les tueries de masse. Et notamment par l’une des plus célèbres d’entre elles, la fusillade de Columbine, durant laquelle treize personnes, dont un enseignant, trouvèrent la mort, en 1999, dans le Colorado (Etats-Unis).

Lire aussi :   Le suspect de la fusillade de Grasse fasciné par la tuerie de Columbine

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