La crise diplomatique empire entre les Pays-Bas et la Turquie

Le chef de la diplomatie turc a été empêché de se rendre à Rotterdam, où il comptait participer à un meeting sur le référendum constitutionnel turc. En riposte, la Turquie a promis d’interdire l’entrée aux responsables néerlandais.

Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters | 11.03.2017 à 13h08 • Mis à jour le 11.03.2017 à 18h24

LIENLe chef de la diplomatie turc a été empêché de se rendre à Rotterdam, où il comptait participer à un meeting en faveur du référendum pro-Erdogan. En riposte, la Turquie a promis d’interdire aux responsables néerlandais de venir.

L’interdiction faite au ministre des affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, de venir aux Pays-Bas pour participer à un meeting en faveur d’un référendum pro-Erdogan, a engendré une guerre de mots entre les deux pays.

Mevlut Cavusoglu avait prévu de se rendre, samedi 11 mars, à Rotterdam pour encourager la communauté d’origine turque (400 000 personnes) à voter, le 16 avril, en faveur du renforcement du pouvoir présidentiel. Le gouvernement néerlandais a interdit la venue du ministre. En cause, les propos tenus le matin même par le ministre turc – la promesse « de lourdes sanctions » contre les Pays-Bas s’ils ne le laissaient pas venir – qui ont, selon le gouvernement néerlandais, « rendu impossible une solution raisonnable ».

Le meeting à Rotterdam finalement annulé

Les tensions qui ont explosé au grand jour couvent depuis plusieurs jours. Dès le 9 mars, le chef de la diplomatie néerlandais, Bert Koenders, avait prévenu :

« Nous ne participerons pas à la visite d’un responsable gouvernemental turc qui veut mener une campagne politique pour le référendum. Aucun des moyens habituels fournis pour une visite ministérielle ne sera accordé. »

Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, affirme que son gouvernement « n’a aucun problème avec les rassemblements dans le pays pour les informer à ce sujet », conscient que « beaucoup de citoyens néerlandais ayant des origines turques peuvent voter lors du référendum sur la Constitution turque ».

« Mais ces rassemblements ne doivent pas contribuer à des tensions dans notre société et quiconque veut organiser un rassemblement est obligé de suivre les instructions des autorités afin que l’ordre public et la sécurité soient garantis. »

Le gouvernement néerlandais assure avoir essayé de trouver « une solution acceptable » au problème, soit par un déplacement du rassemblement, soit en le transformant en réunion « à caractère privé, à petite échelle dans le consulat turc ou l’ambassade ». Faute de salle disponible, le meeting a finalement été annulé par le maire de Rotterdam.

« Vous allez voir comment vos avions vont être reçus en Turquie »

Manifestation pro-Erdogan à Istanbul, le 11 mars.

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Après l’interdiction néerlandaise, la Turquie a convoqué le chargé d’affaires néerlandais à Ankara. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a promis d’interdire aux responsables néerlandais de venir en Turquie, mais n’empêcherait pas « les visites de citoyens » néerlandais.

Puis, comme il l’avait fait récemment avec l’Allemagne, il a accusé les Néerlandais d’être des « fascistes » influencés par les « vestiges du nazisme ».

« Vous pouvez dire non, une fois, deux fois, mais mon peuple finira par contrecarrer vos manigances. Vous pouvez annuler le vol de mon ministre des affaires étrangères autant que vous voulez, mais vous allez voir comment vos avions vont être reçus en Turquie, désormais. »

La campagne lancée en Europe auprès de la diaspora turque en vue du référendum est à l’origine de tensions entre plusieurs pays et la Turquie, à commencer par l’Allemagne, en raison de l’annulation par plusieurs villes allemandes de rassemblements pro-Erdogan. Quatre meetings portant sur le référendum ont aussi été interdits en Autriche et un autre en Suisse.

A Metz, une réunion organisée par une association turque, en présence du ministre Mevlut Cavusoglu, aura lieu comme prévu, le 12 mars, car il n’y a pas « de menaces à l’ordre public », selon la préfecture de Moselle.

Cette crise diplomatique survient à quelques jours du scrutin législatif néerlandais, au terme d’une campagne où l’islam a été un des thèmes majeurs. Selon des sondages récents, le parti du député anti-islam Geert Wilders arriverait à la deuxième place.
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